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Bruxelles (17 novembre - 2 décembre, 2007)

Jonctions / Verbindingen 10 : Empreintes dans les champs électr(on)iques

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Samedi 1/12 | 14:00

Fabriques de la danse

Simon HecquetSabine Prokhoris
Conférence La Bellone

Fait peu connu, il existe des systèmes graphiques de transcription du
mouvement, qui permettent de réaliser pour la danse des partitions. Leur
usage est relativement peu répandu dans le champ chorégraphique. Ces objets
étranges, qui obligent à penser en des termes peu habituels dans le champ
chorégraphique tant la question de la transmission que celle de
l’interprétation, constitueront le levier des analyses que propose Fabriques
de la danse.

En un premier temps, le livre inspirant cette conférence déploie une analyse comparative des deux principaux systèmes de transcription, le système Feuillet, qui date de 1700, et le système Laban, ou cinétographie, inventé en 1928, qui les fait
apparaître tous deux comme des agencements descriptifs, chacun selon des
modalités différentes pour des raisons qui seront expliquées. La question de la construction du regard sur le mouvement, et celle de l’interprétation, sont donc d’emblée posées.
Cela conduira, et c’est le second temps du livre et de cette présentation, à reprendre, à partir du cas exemplaire de la réalisation par Nijinski, trois ans après la création
de sa pièce, d’une partition pour L’après-midi d’un faune, pièce emblématique d’une révolution dans le champ chorégraphique, la question de l’interprétation, en danse et au-delà, autour de la notion clé de littéralité. Ce qu’on peut désigner comme « oeuvre », en danse, mais au-delà, fera dans cette perspective l’objet d’analyses originales.
En un troisième temps, la problématique développée jusque-là sera reprise dans son ensemble à partir des questions que soulève, très concrètement, le travail de réalisation d’une partition, où il s’agit, au-delà de tous les malentendus concernant en particulier la question de l’objet de l’écriture ­une partition n’écrit ni la danse, ni le mouvement, ni le corps, mais quelque chose de l’espace-, de proposer une version de
l’oeuvre articulée à un regard qui interprète le mouvement.
L’ouvrage fera ainsi apparaître la danse comme un carrefour artistique, où se croisent des questions actives dans les autres arts, de la peinture à la musique en passant par la littérature, autour de ce qui paraît crucial aux auteurs : à savoir que le mouvement d’interpréter constitue le coeur de ce qu’on peut appeler « oeuvre » dans le champ esthétique.

(image : Extrait de la partition de l’Après-midi d’un faune établie par A.
Hutchinson Guest et C. Jeschke en 1990 d’après la partition
autographe de Nijinski (1915), Nijinski’s Faune Restored,
Philadelphie, Gordon and Breach, 1991.)